Archives for: octobre 2010
L’idée qu’un jour l’on puisse enrayer les cancers me fait rêver

J’ai de la chance. Personne de mon entourage n’est ou n’a été atteint de cancer. Je touche du bois, croyez-moi. Car bien que je n’aie pas vécu la souffrance de perdre un être cher aux mains de cette vermine, je ne peux que constater celle des autres et me dire que l’on est jamais vraiment à l’abri. C’est pourquoi, pour moi et pour les femmes de ma vie, celles que j’admire et que je respecte aussi, j’ai fait du cancer du sein MA cause. Toutes les causes sont importantes, oui. Mais soutenir celle qui nous touche plus particulièrement rend la chose, disons, plus naturelle. Il suffit parfois d’un tout petit geste pour faire une différence.

Sur une note moins sérieuse…

UN MOIS!!! Un tout petit mois avant la grande célébration de la femme qu’est Breast Yourself!! Je ne tiens plus en place… (Et je ne sais toujours pas quoi porter!!!)

Dites, vous savez que tous les billets se sont envolés comme des petits pains chauds? Plus aucun billet disponible à plus d’un mois de l’événement… Du jamais vu! Ça laisse présager une soirée incroyable!!! Des centaines de femmes célébrant la beauté, la force et la détermination… Quelle inspiration!

J’ai très hâte!

P.-S. Avez-vous trouvé votre tenue? ;-)

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Le cancer frappe à la maison

Dimanche il y a trois semaines, le téléphone a sonné à la maison. Une de me sœurs m’annonçait que mon père était inconscient, à l’hôpital dans le nord de l’Alberta, où il était en vacances avec ma mère pour souligner sa retraite à elle. Sombres perspectives.

Quelques heures plus tard, on apprenait que c’était une tumeur au cerveau grosse comme une balle de tennis. L’angoisse totale : le cancer vient frapper à la maison. En général, c’est toujours les autres, non? La mort flottait dans l’air.
Sept ambulances plus tard, mon père a été héliporté vers Edmonton, où heureusement l’hôpital universitaire, moderne et à la fine pointe, est spécialisé dans les chirurgies au cerveau, entre autres. La santé est bien financée en Alberta, un des bons côtés des sables bitumineux…
L’opération laissait présager le pire. Mais ce fut un succès en fait. L’essentiel de la tumeur a été retirée, mais elle était maligne et de Grade 4 (la pire).

Je suis allé à Edmonton, tout comme mes deux sœurs. On a rapatrié mon père à Québec il y a 10 jours. Il va bien. Son moral est excellent et il croit dans la vie. Mon père est philosophe de formation et très religieux, en plus d’être pratiquant. Il est serein.

Dans les prochaines semaines débute le plus grand combat de sa vie : la chimio et la radiothérapie pour chasser le cancer du cerveau. Reste à avoir un bon moral, prier, croire et bien se documenter sur le sujet.

Le cancer est dans chacune de nos cours. C’ets juste que desfois, on ne le sait pas.

Patrick White

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C’est quoi être une femme?

C’est quoi être une femme? Qu’est-ce qui nous définit en tant que telle? C’est clair,
non? Ben, on a des seins et un utérus. Voilà. Rien de plus simple. On donne la vie et
on nourrit la vie de ses deux parties de notre corps.

Mais, qu’est-ce qu’on devient quand le cancer nous les enlève? Un après l’autre.
Est-ce qu’on perd notre identité? Sommes-nous toujours des femmes biologiques?

Il y a une dizaine d’années, ma grand-maman Adèle apprenait qu’elle avait une
tumeur dans le sein droit. Elle était métastasée et elle devait subir une mastectomie
et la chimio. Mais elle avait toujours le sourire quand on la voyait et insistait de nous
accueillir chez elle en cuisinant, les plus beaux foulards autour de sa tête (lorsque sa
peau était trop sensible pour sa perruque). Elle n’a jamais cessé de rayonner dans
son rôle de « grand-moman ».

Ma grand-mère était une Femme. Elle était une réelle beauté autant dans sa
jeunesse que dans sa maturité, avec les plus belles robes et fringues parmi ses
sœurs. Elle ne se laissait jamais voir sans avoir les cheveux parfaitement coiffés,
tenus bien en place grâce à son spraynet (elle est sûrement responsable d’une part
du trou dans l’ozone), son maquillage était toujours frais et le plus beau carré de
soie était bien souvent attaché autour du cou. Elle était fameuse pour sa cuisine,
surtout ses pâtisseries : tartes aux raisins, petits beignes, pains fesses. Elle adorait
ses petits enfants et aimait nous emmener à sa grange à Rimouski pour cueillir des
petites fraises de champ quand on était petites, pour ensuite nous faire la meilleur
confiture au monde (et elle ne disait rien quand je mettais ma cuillère dans le
chaudron pour goûter ou me prenait un – ou trois – beignes de sur le comptoir).

Elle s’est battu férocement contre ce foutu cancer et a vécu en rémission pendant
plusieurs années. On découvrait ensuite qu’elle avait des tumeurs dans l’autre
sein. Et encore des tumeurs sur un de ses ovaires, qui s’étaient répandues sur les
intestins et poussaient contre ses organes.

Après plus de 10 ans à se battre contre ses &*%#@! de cancers, son corps ne
pouvait plus suivre au pas son désir puissant de vivre. Jusqu’à quelques semaines
avant sa mort, je la trouvais dans sa cuisine, fouillant dans ses armoires pour me
faire à manger, même si j’insistais de le faire.

Les trois dernières semaines de sa vie ont été passées dans un centre palliatif. Les
docteurs n’en revenaient tout simplement pas combien elle s’attachait à la vie,
dépassant de loin les attentes de tout le monde. Mon père, ma tante, mon oncle et
moi s’assurerions qu’elle n’était jamais seule. Puisque je ne travaillais pas, j’étais
souvent à ses côtés, à lui faire une beauté, lui peigner les cheveux, placoter de
ses émissions ou juste lire en silence pendant qu’elle dormait. Et ensuite pour
l’emmener à la toilette quand elle avait les forces de marcher, nettoyer et hydrater
sa bouche, échanger des histoires de nos premiers amours, souvenirs d’enfance,
souhaits… et peurs, jusqu’au jour où elle ne pouvait plus parler, la gorge et la langue

trop enflés.

Ce n’est pas facile voir un membre de sa famille détériorer devant nous. De voir la
peur et le refus de la mort dans ses yeux. De voir le désespoir. Ma grand-mère était
une Femme, et la voici, dépourvue de ce qu’elle tenait de plus précieux : son identité
en tant que femme, en contrôle de son apparence, fière de son rôle et de sa famille,
avec ses seins et ses ovaires et son indépendance et sa santé.

Ma grand-mère Adèle m’a montré c’est quoi être une femme. C’est être forte, douce
et sincère. C’est de ne pas avoir peur de travailler et de suer. C’est aimer et servir. Et
c’est ça, être belle. Être Femme.

Rachelle Houde

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